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22 juillet 2026
Saviez-vous que le cancer du col de l’utérus est l’un des rares cancers à pouvoir être aisément évité? La quasi-totalité des cas est causée par le virus du papillome humain (VPH), un virus courant que la plupart des gens rencontrent à un moment ou à un autre de leur vie. Lorsque le VPH est détecté à un stade précoce, le cancer du col de l’utérus est souvent contré avant même qu’il ne se déclare. Pourtant, pour de nombreuses femmes, les outils utilisés pour le dépister ne l’ont pas toujours détecté assez tôt.
Au Québec, un changement attendu depuis longtemps est en cours. La province met en place un nouveau test de dépistage du VPH basé sur l’ADN. Ce test recherche le virus lui-même plutôt que d’attendre l’apparition de cellules anormales dans le col de l’utérus. Plus spécifique que le test Pap traditionnel, il permet aux cliniciennes et cliniciens de détecter les risques plus tôt, souvent des années avant que le cancer ne se développe.
Au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), les équipes se concentrent maintenant sur une nouvelle priorité : comment s’assurer que cette percée atteigne toutes les femmes, dans le monde entier? La Dre Annie Leung, avec le soutien de la Fondation du CUSM, veut aller plus loin dans la prévention du cancer du col de l’utérus en rendant le dépistage moins invasif et plus accessible.
Pour Jennifer Curran, membre du Comité sur la santé des femmes de la Fondation du CUSM, il s’agit d’une mission qui lui tient profondément à cœur.
Il y a plus de dix ans, elle a reçu un diagnostic de VPH et a été traitée comme il se doit. On lui a dit que tout était réglé et elle a respecté toutes les consignes : tests Pap réguliers et examens de suivi.
Le virus a pourtant réapparu, discrètement.
Il y a cinq ans, alors qu’elle était enceinte, Jennifer a reçu une nouvelle dévastatrice : un cancer du col de l’utérus. Sa fille est née avant terme par césarienne et a été hospitalisée à l’unité de soins intensifs néonatals (USIN). Pendant ce temps, Jennifer a subi une intervention chirurgicale pour retirer le cancer, suivie de chimiothérapie et de radiothérapie.
Aujourd’hui, elle n’a plus de cancer, mais cette expérience a bouleversé son histoire et celle de sa fille.
« Un diagnostic de cancer bouleverse tout. Si une seule personne peut avoir accès à un meilleur dépistage, dit Jennifer, c’est ce qui compte. »
Cette réalité est bien connue des cliniciennes et cliniciens. Les tests Pap ont sauvé d’innombrables vies et réduit les taux de cancer du col de l’utérus depuis 30 ans. Mais comme ils reposent sur la détection de cellules anormales, ils peuvent passer à côté d’une infection précoce, lente à se manifester. Les tests de dépistage du VPH basés sur l’ADN changent la donne.
« Ce nouveau test change tout, explique la Dre Leung. Plutôt que de guetter des cellules anormales, nous recherchons le virus. Cela permet d’agir avant que le cancer ne se développe. »
Le test de dépistage du VPH par l’ADN est maintenant offert dans les 17 régions du Québec. Les femmes peuvent y avoir accès en composant le 811 ou en s’adressant à leur CLSC. C’est le premier pas, mais non le dernier, selon la Dre Leung.
« L’avenir du dépistage est une question d’accessibilité, explique-t-elle. Nous devons aller là où les femmes se trouvent. »
Il faut donc envisager des prélèvements autoadministrés et des tests au point de service. Les femmes pourraient ainsi faire un dépistage chez elles ou dans leur communauté, sans les désagréments ou les obstacles qui peuvent les empêcher de se faire dépister.
Les femmes autochtones, dont le taux de cancer du col de l’utérus est 3 à 4 fois supérieur à celui de la population générale, sont particulièrement concernées. Les barrières systémiques, l’éloignement et l’absence de soins culturellement adaptés continuent de limiter l’accès au dépistage.
La Dre Leung s’est donc associée à Carrie Martin, directrice générale de l’Indigenous Health Centre of Tiohtià:ke, pour favoriser l’accès aux prélèvements urinaires et vaginaux autoadministrés dans des lieux de confiance et à l’échelle de la communauté. L’objectif est simple : supprimer les obstacles, respecter l’autonomie et faciliter l’accès au dépistage.
« Le Fonds vers l’avenir : pour la santé des femmes soutient précisément ce type de travaux, déclare Marie-Hélène Laramée, présidente-directrice générale de la Fondation du CUSM. L’investissement dans la recherche, qui rend le dépistage plus accessible, aide un plus grand nombre de femmes à recevoir les soins dont elles ont besoin, au moment le plus important. »
Saviez-vous que vous pouvez faire partie de cet événement important pour la santé des femmes? Découvrez comment le Fonds vers l’avenir : pour la santé des femmes encourage la recherche et les soins aux patients centrés sur les femmes. Rejoignez notre communauté.
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