Réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la reconstruction mammaire

Imaginez qu’une partie de vous ait été enlevée, et que vous deviez garder un souvenir physique constant de cette absence.

Le cancer du sein touche environ 27 700 Canadiennes chaque année. Beaucoup de ces femmes subissent une mastectomie simple ou double pour traiter leur cancer. La reconstruction mammaire est une intervention proposée aux patientes après l’ablation d’un sein.

Le Dr Josh Vorstenbosch et le Dr Peter Davison, deux chirurgiens plasticiens du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), répondent ici aux questions les plus fréquemment posées sur la reconstruction mammaire.

Quels sont les différents types de reconstruction mammaire?

« La reconstruction mammaire peut se faire de deux façons. Nous pouvons utiliser vos propres tissus, des implants ou une combinaison des deux », explique le Dr Vorstenbosch. « Pour la méthode axée sur les tissus, il faut qu’il y ait suffisamment de tissus disponibles. Les avantages de cette méthode comprennent une reconstruction mammaire plus naturelle et plus durable, ainsi qu’une plastie abdominale lorsque les tissus sont prélevés. »

« En revanche, la reconstruction mammaire par implant est utilisée lorsque les tissus sont insuffisants ou lorsque la patiente souhaite un temps de récupération plus court », explique le Dr Vorstenbosch. « Une femme mince avec des seins de taille modérée peut ne pas avoir suffisamment de tissu abdominal pour reconstruire le sein au volume qu’elle souhaite. »

Les patientes peuvent-elles choisir le type d’implant qu’elles désirent?

« Selon leur corps, leur forme et leur taille, oui », confirme le Dr Davison. « Il y a des limites basées sur ce qui est faisable, mais la décision finale dépend des patientes. »

Quelles sont les difficultés liées à la reconstruction d’un seul sein?

« Il est impossible de faire en sorte qu’un implant ressemble à un sein naturel. On ne peut tout simplement pas y arriver », déclare le Dr Vorstenbosch. « Cependant, les patientes peuvent opter pour un lifting du sein non cancéreux afin de rendre les seins plus similaires. »

« Ce qui est merveilleux chez les patientes qui ont subi une mastectomie unilatérale, c’est lorsque nous fabriquons le sein à partir de leur propre tissu », explique le Dr Vorstenbosch. « Il est beaucoup plus facile de faire en sorte que des tissus vivants ressemblent à des tissus vivants. »

Comment fonctionne la reconstruction du mamelon?

« Les mamelons reconstruits sont réalisés par une série de coupes et de plis dans la peau, comme de l’origami chirurgical », explique le Dr Vorstenbosch. « Cependant, les mamelons reconstruits n’ont aucune sensation. »

« En plus de la reconstruction du mamelon, une patiente peut se faire tatouer pour ajouter de la pigmentation », explique le Dr Vorstenbosch. « Les tatoueurs peuvent réaliser des textures tridimensionnelles phénoménales qui, de loin, ressemblent à des mamelons naturels. »

La reconstruction mammaire laisse-t-elle des cicatrices?

« Les meilleures cicatrices sont cachées, par exemple autour des aréoles ou sous le sein », explique le Dr Davison. « Les cicatrices visibles en travers du sein s’estompent légèrement après un an ou deux, mais leur degré d’atténuation dépend du type de peau. »

Qui peut bénéficier d’une reconstruction mammaire?

« La reconstruction mammaire est possible pour la plupart des patientes. Il y a exception par contre si une patiente n’est pas médicalement apte à subir l’opération, ou si son cancer est métastatique », explique le Dr Vorstenbosch.

La reconstruction mammaire est-elle couverte par la RAMQ?

« Oui, presque tous les aspects de la reconstruction mammaire sont couverts par la RAMQ. Cela comprend également les chirurgies de révision dans le but d’améliorer la symétrie et de respecter les préférences des patientes », explique le Dr Vorstenbosch. « La seule chose qui n’est pas couverte est le tatouage du mamelon. »

Le cancer du sein peut-il réapparaître dans un sein reconstruit?

« Bien que le cancer du sein puisse revenir dans un sein reconstruit, c’est extrêmement rare. Le risque de récidive après une mastectomie et une reconstruction n’est pas différent de celui d’une mastectomie seule », affirme le Dr Vorstenbosch. « L’oncologue chirurgical de la patiente programmera des suivis réguliers et expliquera comment dépister d’autres cancers. »

Existe-t-il des alternatives à la reconstruction mammaire?

« Certaines femmes choisissent de ne pas avoir de reconstruction mammaire du tout. C’est un choix très personnel. Les soutiens-gorges rembourrés ou les prothèses mammaires peuvent aider à équilibrer leur poitrine et leurs vêtements », explique le Dr Vorstenbosch.

Combien de temps les patientes doivent-elles attendre avant une reconstruction mammaire?

« Le moment de la reconstruction mammaire dépend de nombreux facteurs. Nous travaillons souvent avec l’oncologue chirurgical pour effectuer une certaine forme de reconstruction immédiate au moment de la mastectomie. La plupart des reconstructions se déroulent en plusieurs étapes, et les facteurs qui influencent le moment de la reconstruction finale sont notamment le fait que la patiente ait besoin ou non d’une chimio ou d’une radiothérapie, et la disponibilité de la salle d’opération », détaille le Dr Vorstenbosch.