L’année dernière, en 2018, la Fondation de l’Institut thoracique de Montréal (FITM) a lancé son appel annuel afin de recueillir des fonds pour lancer le premier programme de dépistage du cancer du poumon au Québec à l’Institut thoracique de Montréal (ITM). Situé sur le site Glen du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), l’ITM est le premier hôpital au Québec à offrir cette initiative révolutionnaire qui utilise une tomodensitométrie (CT scan) à faible radiation chez des patients à risque élevé pour détecter des cancers de poumon avant qu’ils ne causent des symptômes.

Le cancer du poumon est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué au Canada et la principale cause de décès chez les Canadiens. Pour mettre les choses en perspective, en moyenne, 78 Canadiens ont reçu un diagnostic de cancer du poumon et 58 Canadiens sont décédés d’un cancer du poumon, chaque jour en 20171. Au Québec, plus de femmes meurent du cancer du poumon que du cancer du sein. Malheureusement, le cancer du poumon est souvent diagnostiqué à un stade avancé, lorsqu’il s’est déjà propagé en dehors des poumons et qu’il est trop tard pour être guéri. C’est pourquoi un diagnostic précoce est essentiel pour traiter et guérir un cancer du poumon. Il a été démontré que le dépistage du cancer du poumon augmentait la survie du cancer du poumon jusqu’à 26 % chez les hommes à haut risque et jusqu’à 61 % chez les femmes à haut risque sur une période de 10 ans ! Il s’agit de l’un des plus importants changements intervenus dans la gestion du cancer du poumon au cours des 20 dernières années, révolutionnant les soins pour les patients atteints d’un cancer du poumon.

Depuis sa création, le programme de dépistage du cancer du poumon de l’Institut thoracique de Montréal (ITM) a beaucoup évolué. La Dre Nicole Ezer et son équipe ont participé aux premières étapes de la mise en place de nouveaux services dans le cadre du programme, sans oublier de mener des entretiens téléphoniques avec des patients potentiellement à risque éligibles d’un dépistage précoce.

Ce programme révolutionnaire a déjà gagné du terrain dans la province, ayant déjà plusieurs autres hôpitaux qui ont contacté avec l’équipe de la Dre Ezer pour obtenir plus d’informations sur son fonctionnement. De plus, le programme collabore avec le gouvernement du Québec pour veiller à ce que leurs travaux soient mis à la disposition des autres partenaires de la province.

Le programme de dépistage du cancer du poumon a déjà reçu des appels de 96 patients intéressés à être dépisté. Tous les patients avaient leur risque personnalisé calculé après un appel téléphonique avec le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) Programme de dépistage du cancer du poumon. Parmi ces patients, 56 étaient éligibles pour le dépistage du cancer du poumon, car leur risque avait été identifié comme étant élevé. Cinquante patients ont bénéficié du programme d’abandon du tabac après leur appel ou leur visite au programme de dépistage du cancer du poumon. Dans l’état actuel, 20 personnes doivent être examinées en septembre, et le programme a davantage de nouveaux patients appelants chaque jour ! Depuis le début du programme, à la fin de 2018, cinq personnes ont été identifiées avec le cancer du poumon nécessitant des tests supplémentaires et une personne a un diagnostic confirmé de cancer du poumon.

Des nouvelles initiatives en cours

Le programme de dépistage du cancer du poumon est en train de créer une banque de données biologiques contenant des échantillons de sang de patients intéressés, à utiliser dans des études futures pour identifier le cancer du poumon dans le sang et éviter ainsi le recours à une biopsie. L’option de la biobanque sera proposée aux patients en septembre 2019.