La Dre. Dao Nguyen

La Dre Dao Nguyen

La médecine moderne repose sur notre capacité de contrôler les infections. Des procédures comme une intervention chirurgicale et la chimiothérapie ne sont possibles que parce que nous sommes en mesure de prévenir et de contrôler les infections. Malheureusement, les infections virales et bactériennes sont de plus en plus résistantes aux médicaments. Statistique révélatrice : en ce moment, de 20 à 30 % des bactéries sont résistantes aux médicaments. Ces chiffres alarmants soulignent l’importance de la recherche et de l’innovation pour prévenir et traiter les infections résistantes aux antibiotiques.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie la résistance aux médicaments d’une des plus grandes menaces pour la santé mondiale. Les médecins, chercheurs et cliniciens se préparent actuellement à un monde post-antibiotique. Une réalité qui frappe beaucoup plus tôt que ce que l’on imaginait. En effet, d’ici 2050, plus d’individus mourront d’infections causées par des organismes résistants aux antibiotiques que du cancer. La Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens, une initiative de l’OMS, aura lieu du 18 au 24 novembre 2020 avec pour objectifs de sensibiliser le grand public à la menace que représentent les maladies infectieuses et de prévenir l’apparition et la propagation des infections résistantes aux antibiotiques.

« Si nous ne sommes plus en mesure de contrôler les infections lors d’une opération comme le remplacement de la hanche, cela signifie que les patients ne pourront plus retrouver une hanche fonctionnelle ou que les médecins ne pourront plus remplacer une hanche pour celles et ceux qui en ont besoin », mentionne la Dre Dao Nguyen, chercheuse clinicienne à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM).

La Dre Dao Nguyen est chercheuse clinicienne à l’IR-CUSM et chercheuse à l’Initiative interdisciplinaire en infection et immunité de McGill (MI4). Son rêve est de créer un Centre sur la résistance aux antimicrobiens (RAM), un projet multidisciplinaire qui réunirait des chercheurs, des médecins et des cliniciens de différents domaines pour travailler ensemble et prévenir un monde post-antibiotique. Un monde sans antibiotiques efficaces pourrait signifier que les traitements deviendraient plus longs, plus compliqués, ou que certains ne fonctionneraient tout simplement plus.

« Disons que vous vous coupez. Actuellement, on peut traiter l’infection en quelques jours par l’application d’une crème topique ou par la prise d’antibiotiques oraux », indique la Dre Nguyen, « en présence d’une bactérie résistante aux antibiotiques, l’infection ne pourrait plus être traitée aussi facilement et pourrait se propager et nécessiter l’amputation du membre. »

La Fondation du CUSM souhaite amasser 20 millions de dollars pour la création du Centre sur la résistance aux antimicrobiens (RAM), un projet qui permettra aux chercheurs de mettre leurs idées en commun pour définir les enjeux les plus pressants et s’attaquer à la résistance aux antibiotiques. Le Centre RAM mènera des recherches sur le diagnostic, la prévention, les projets innovants et la sensibilisation à l’éducation en rassemblant la communauté scientifique du CUSM et d’ailleurs autour d’un objectif commun : la prévention d’un monde post-antibiotique. En osant rêver et en investissant ensemble dans un avenir plus sûr, nous pouvons changer le cours de la médecine et sauver des vies.

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