C’est avec fierté que la jeune entreprise canadienne de biotechnologie Pulmonem Inc. annonce l’approbation par Santé Canada d’un essai clinique randomisé de phase III d’un médicament oral qu’elle a mis au point comme traitement précoce pour atténuer ou même prévenir l’inflammation pulmonaire grave causée par la COVID-19, écartant ainsi la réaction immunitaire excessive – cause la plus fréquente de l’aggravation des symptômes et des complications menant à une hospitalisation, à un séjour à l’unité des soins intensifs, voire à la mort. L’essai clinique de phase III est parrainé par l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) et sera mené dans sept centres au Canada et aux États-Unis, dès l’obtention du financement nécessaire.

Le virus de la COVID-19 a déjà infecté plus de 24 millions de personnes dans le monde et entraîné plus de 800 000 décès. Les mesures visant à en empêcher la propagation perturbent grandement l’économie mondiale. Des recherches sont en cours dans de nombreux pays autour du globe pour trouver un vaccin. Mais en dépit des efforts accélérés, la mise au point d’un nouveau vaccin reste un processus long et coûteux. Par ailleurs, les experts ne s’entendent pas sur la probabilité qu’un vaccin puisse générer une réponse immunitaire efficace ou durable. Et avec l’arrivée de l’automne et la rentrée des classes, le Canada et d’autres pays se préparent à affronter une deuxième vague. En neutralisant l’aspect de la COVID-19 qui entraîne les plus graves complications ainsi que des décès, le médicament de Pulmonem pourrait favoriser un retour à une « vie normale » et la reprise de l’activité économique pendant que la planète attend un vaccin efficace.

Le traitement développé par Pulmonem est unique en ce sens qu’il s’agit d’une reformulation de dapsone, un anti-inflammatoire générique sécuritaire et abordable, immunomodulateur et antibactérien, qui existe depuis des décennies et qui sert à traiter la malaria, le lupus, le VIH et d’autres infections inflammatoires. Comme le nouveau médicament provient de la reformulation d’un produit existant pour une nouvelle indication, il pourrait être disponible beaucoup plus rapidement que d’autres médicaments en cours de développement. Il pourrait éventuellement être administré aux Canadiens avant la fin de 2020.

Dr. Bourbeau

« Malgré la mise en place de stratégies d’atténuation vigoureuses en vue de freiner la propagation du coronavirus 2 (SARS-CoV-2), il faut rapidement favoriser la création et le développement de candidats-médicaments scientifiquement valables en menant des essais contrôlés randomisés de haute qualité. Les agents immunomodulateurs comme la dapsone qui servent à atténuer le choc cytokinique associé à la COVID-19 pourraient représenter une avancée majeure parmi les approches thérapeutiques contre la COVID-19. En l’absence de traitements efficaces éprouvés contre la COVID-19 en mode ambulatoire et dans l’optique de prévenir les complications comme l’hospitalisation, la démonstration que la dapsone présente un bénéfice clinique net devrait être une priorité en matière de santé publique. » – Dr Jean Bourbeau, chercheur principal à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill

Avec l’approbation de Santé Canada et celle des comités d’éthique de la recherche au pays et à l’international, l’IR-CUSM sera prêt à commencer l’essai clinique de phase III aussitôt que le financement suffisant sera assuré. Reconnaissant le caractère prometteur et important de la nouvelle pharmacothérapie, ainsi que la nécessité d’agir rapidement pour sauver des vies, la Fondation du Centre universitaire de santé McGill s’est engagée à aider à récolter des fonds pour soutenir l’essai clinique. Pulmonem est en quête d’autres investissements publics et privés.

« Notre fondation s’attache à soutenir la communauté scientifique en vue de trouver un remède contre la COVID-19 et de mettre fin à la pandémie », souligne Julie Quenneville, présidente de la Fondation du CUSM.«

L’étude portant sur l’efficacité de la dapsone chez les patients atteints d’un syndrome de détresse respiratoire grave lié à la COVID-19 constitue une étape importante dans la lutte pour sauver des vies au Canada et dans le monde entier.  »

L’essai clinique randomisé de phase III du traitement précoce de Pulmonem sera mené à la façon d’un essai clinique à l’initiative de chercheurs, sous la direction du Dr Jean Bourbeau, chercheur principal et directeur du Centre de médecine innovatrice McConnell à l’IR-CUSM. Le Dr Bourbeau est pneumologue au Centre universitaire de santé McGill, ainsi que professeur et membre associé du Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail à l’Université McGill. La grande expertise du Dr Bourbeau et de son équipe en matière d’essais cliniques orientera l’équipe internationale chargée d’étudier les épisodes inflammatoires graves déclenchés par la COVID-19 et les façons de les atténuer.

L’essai clinique randomisé de phase III sera mené auprès de quelque 2 000 patients. Il devrait débuter en septembre au Canada et vers la fin de septembre ou au début d’octobre aux États-Unis. L’essai clinique est innovant en soi : le Canada mène très peu d’essais cliniques de phase III aux fins du traitement de la COVID-19.

Pulmonem a conclu des partenariats de fabrication à l’international et se dit prête à produire rapidement et en grande quantité son nouveau médicament pour le traitement de la COVID-19.

La pharmacothérapie de Pulmonem est une conception du Dr Houfar Sekhavat, ophtalmologue et entrepreneur établi au Nouveau-Brunswick.

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