Dr Momar Ndao

Kayemor est un petit village en développement, selon les normes occidentales, situé au sud du Sénégal. Il occupe néanmoins une place toute particulière dans le cœur du Dr Momar Ndao qui y est né. Et bien que ce ne soit plus son chez lui, c’est à Kayemore qu’il a décidé de devenir médecin. Alors que toutes les chances étaient contre lui, le Dr Ndao s’est tracé un chemin pour réaliser son rêve et sa poursuite acharnée de la réussite l’a amené loin de ses racines africaines, au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et à Montréal, ville dont il est fier d’avoir fait son foyer.

Le Dr Ndao parle ouvertement de son enfance qu’il juge difficile. « J’ai grandi dans des conditions très précaires, explique-t-il. Ma mère est complètement aveugle par suite d’une maladie tropicale qu’elle a contractée. Malheureusement, ayant été mal diagnostiquée, elle n’a jamais reçu le traitement dont elle avait besoin. Mon père ne possédait aucune éducation formelle; pour joindre les deux bouts, il est devenu chauffeur de taxi à Dakar, capitale du Sénégal. La maladie de ma mère l’a empêchée de le suivre et elle est restée au village, » indique-t-il.

À cette époque, la coutume voulait que l’enfant suive son père. À peine âgé de cinq ans, le Dr Ndao a donc été arraché à sa mère pour commencer une nouvelle vie à Dakar. Il a également été séparé de sa sœur, qui est restée à Kayemor avec sa mère. « S’adapter à la vie à Dakar a été tout un défi, je n’avais plus ma mère avec moi et mon père travaillait le soir. De plus, la nourriture était rare et je devais faire presque toutes les tâches ménagères en plus d’aller à l’école, » se rappelle-t-il.

Malgré ces difficultés, le Dr Ndao n’a jamais perdu de vue son objectif. « Mon oncle a contracté une maladie semblable à celle de ma mère, poursuit-il. J’ai été témoin de leurs souffrances et cela m’a encouragé à travailler encore plus fort pour pouvoir les aider et éviter que d’autres personnes de mon pays ne subissent le même sort. »

Excellant dans ses études, le Dr Ndao a reçu une bourse complète pour l’université au Sénégal et obtenu un baccalauréat en biologie et médecine vétérinaire. Il a ensuite été recruté pour étudier en Belgique, où il a décroché sa maîtrise et son doctorat tout en continuant à parfaire ses compétences dans le domaine de la parasitologie, étude de la relation entre les parasites et les hôtes humains ainsi que leur impact sur la santé des populations. C’est cette expertise dans ce domaine à la fois complexe et technique qui a mené le Dr Ndao à Montréal, où il est chercheur dans le Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill et directeur du Centre national de référence en parasitologie. « Mon voyage au Canada s’est en fait révélé plutôt spontané et inattendu, précise-t-il. Je vivais en Belgique lorsque j’ai vu une publicité dans le journal qui spécifiait que les gouvernements canadiens et américains acceptaient les candidatures de nouveaux immigrants. J’ai beaucoup lu sur les deux pays et je me suis dit que le Canada me conviendrait bien, notamment parce qu’il possède deux langues officielles et que ma langue maternelle est le français. »

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